Lettre au médecin qui m’a sauvé

Presque vint ans après, je viens d'envoyer cette lettre de remerciement au médecin qui m'a sauvé et lui exprimer sa gratitude. Merci docteur R. !

shadow of person on white floor tiles
shadow of person on white floor tiles

Cher docteur R.

Il y a presque vingt ans, vous m’avez sauvé comme vous avez sauvé quantité de gens dans cette vallée isolée de l’Ardèche.

J’ai une gratitude infinie pour vous. Les médecins que j’avais consulté à Montpellier, à Digne, à Privas, à Valence… me faisaient porter le poids de la faute. Selon eux, tous mes symptômes étaient dus au stress, à l’anxiété, au manque d’activité physique (je faisais du sport tous les jours avant et j’ai arrêté parce que j’avais trop mal, bande de nazes !). Je me sentais coupable en permanence de mes souffrances.

Depuis longtemps, j’avais arrêté de parler de mes douleurs à tous les représentants du corps médical. Mais, un jour, après avoir pleuré allongé par terre incapable de me relever, vous m’avez reçu comme à votre habitude, très tard, à plus de 22 heures. Vous m’avez souri. Vous m’avez écouté. Et vous m’avez dit tout simplement que non, ce n’était pas normal.

Rien que ça, c’était magique pour moi. J’en ai encore les larmes aux yeux quand je repense à ce moment-là. Non, ce n’est pas normal et non, je n’ai pas à vivre dans la douleur.

Puis vous avez mis un mot sur ma détresse, mes douleurs, mes insomnies, ma fatigue. « Peut-être une spondylarthrite ? » Un mot prudent avec un point d’interrogation mais un mot. Je suis reparti de chez vous avec une lettre pour un rhumatologue et des examens dans tous les sens afin d’aller vite.

Je sais que vous continuez d’exercer, bien après l’âge légal de la retraite.

Vous m’avez sûrement oublié depuis. Mais pour moi, cher docteur R., vous faites partie des personnes les plus importantes de ma vie.

Merci du fond du cœur.

Vincent Dusseau